samedi 21 novembre 2009

SMS 24

Max et Tom dans un bar un soir.

- J’aimerais bien rencontrer Aurore.
- Pas question !
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas. C’est Aurore et moi. Moi et Aurore. Nous deux. Pas de place pour qui que ce soit.
- Tu l’as déjà sautée ?
- T’es dingue ! Je ne l’ai même pas embrassée…
- Tu n’en as pas envie ?
- Si mais j’ai l’impression que cela risquerait de tout gâcher.
- Et puis tu as toujours tes fans pour assouvir tes désirs inassouvis.
- Cela ne me tente pas trop en ce moment.
- Mais enfin qu’est-elle pour toi ?

Laetitia et Aurore dans un autre bar le même soir.

- Alors quoi de neuf ?
- Mon projet avance d'album, je cherche un illustrateur dans le même feeling que moi, tu n’en connaitrais pas un ?
- J’ai une amie artiste qui dessine bien. Je pourrais lui en parler.
- Merci ce serait génial et toi comment ça va ?
- Ca va. Beaucoup de travail. Je ne m’en plains pas, cela m’aide à oublier Diego.
- C’est fini entre vous ?
- Cela a-t-il jamais commencé ?
- …
- Je veux dire ce mec était un courant d’air. Il prenait contact quand cela lui chantait, parfois je restais sans nouvelle des semaines. Et puis j’avais l’impression d’être avec une énigme vivante. Je ne savais rien de lui. C’était flippant à la longue.
- Ah les artistes… Qui sait… Tu te retrouveras dans une de ses chansons un jour.
- Arrête tu vas me faire flipper. En tout cas tomber amoureuse d’un musicien c’était une mauvaise idée.
- Tu crois que c’est parce qu’il est musicien qu’il est ainsi ?
- Ben oui !
- Tu ne crois pas que c’était peut-être quelqu’un de discret. Quelqu’un à apprivoiser doucement… Avec un grand besoin de liberté.
- Je ne sais pas. Tu crois ?
- Je n’en sais rien. Je ne l’ai vu qu’une fois. J’imagine…
- Mouais moi je crois qu’il aime jouer les mystérieux sauf que moi je ne suis pas une de ses fans à la noix.
- Moi j’aime assez ce qu’il fait et puis avoue il est canon Diego…
- Ca ouais et au lit !
- Stop. Censuré !
- Tu sais qu’il va collaborer avec un de tes groupes préférés…
- Ah oui qui ?
- Zut je retrouve plus leur nom, tu sais ceux qui chante « Fly ». Le chanteur est vraiment pas mal aussi… Tu vois ?
- Oui très bien White ballons !
- Il te plait à toi aussi non ?
- Si, si. Enfin il est un peu jeune pour nous non ?
- Noooon ! Waow que t’es coincée !
- Pas tant que ça…
- On se fout de l’âge, ce qui compte c’est l’intensité. Tu l'as vu sur scène ? Il dégage une sensualité....Tu ne vas pas me dire que si tu avais l’occasion de passer d’une nuit avec lui tu la repousserais
- Ben si, il n’y a rien à attendre de ce genre de délire…
- T’es trop rétro ! Moi ce serait quand il veut, où il veut !
- Tu es libre comme l’air c’est facile.
- Je ne te savais pas adepte de la fidélité…
- Ce n’est pas ça. Nous avons enfin trouvé un équilibre à trois. C’est précieux et fragile. Je ne voudrais pas mettre tout en péril pour une folie d’une nuit.
- Pour une nuit, rien ne changerait, vois ça comme un Spa, un massage. Un petit plaisir quoi !
- Et si les sentiments s’en mêlent !
- En une nuit ?
- C’est plus compliqué. Je le trouve attirant et ses chansons me touchent alors ce n’est pas aussi simple.
- Pourquoi ai-je l’impression que notre hypothèse n’en est plus une…
- Je ne sais pas moi ! T’es dingue !
- Mais tu rougis ma parole, quelle est la plus folle des deux ?
- Changeons de sujet.
- Garçon, la même chose ! J’ai quelqu’un à faire parler !


vendredi 20 novembre 2009

S(weet) M(elhancolic) S(oul) 23

Commença un ballet, ils se croisèrent, se frôlèrent, se sourirent, se perdirent, se rejoignirent, se cherchèrent, se retrouvèrent… Dans la librairie, il acheta une carte postale. Ils sortirent. Elle frissonna. Il passa son bras autour d’elle. Elle ne s’écarta pas. Ils regardèrent la Seine un moment.

Dans le métro, elle avait refusé qu’il la raccompagne, elle repensa à tout cela… Et elle ressentit quelque chose. Une plénitude… Elle était heureuse, c’était ça. Passée la gêne du début, cela avait été un moment agréable, tellement agréable. Tout était allé de soi. Rien de déplacé, rien de gênant. Jusqu’à la sage bise sur la joue pour se séparer. Comme elle aimait être avec lui.

Sur son scooter, Tom repensa à tout cela. Il se vit sourire dans son rétro, il était heureux. C’était tellement intime d’aller à une expo. On s’y dévoilait beaucoup. Les tableaux devant lesquels on tardait, le rythme, ses expressions, ses émotions. Avait-elle réalisé tout cela ? Y avait-elle pensé en l’invitant ? Lui oui. Si Aurore l’avait déçue d’une quelconque manière il ne l’aurait plus revue. Elle aurait pu parler trop ou pas assez. Aller trop vite, ou trop lentement. Mais ils avaient été en phase tous les deux… Il s’arrêta et lui envoya un texto sur l’autre numéro…

« Merci pour cette délicieuse soirée, la prochaine fois c’est moi qui choisis ce que nous ferons d’accord ? Baisers.

« Pourquoi pas ? J’ai passé une excellente soirée. Je t’embrasse aussi.. »

Tous deux pensèrent, nous voilà repartis avec nos textos…


jeudi 19 novembre 2009

SMS 22

- Maman ?
- Oui ?
- Je n’ai pas envie que tu sortes.
- Pourquoi ? Je vais juste au Musée, j’ai très envie de voir ce peintre et bientôt l’exposition sera terminée.
- M’en fiche, je ne veux pas que tu sortes.
- Alors on continue l’histoire ou tu préfères un livre ?
- Rien du tout.
- Vraiment ? Un bisou quand même.
- Un petit alors…
- Un petit géant…
- A demain maman.
- A demain ma chérie, je t’aime.
- Moi aussi maman.
- Puissance un milliard de milliard.
- Puissance un milliard de milliard de milliard.
Sa fille avait un radar songea Aurore. Elle ne voulait pas qu’elle sorte. Laisse-moi m’amuser un peu et je te promets de ne pas préjuger de tes futurs amoureux …

Comme à chaque fois l’aspect extérieur du Musée rebuta Aurore. C’était sale, plein de détritus sur le sol, de tags moches, obscènes. Alors qu’à l’intérieur… Picasso, Matisse, Modigliani, Chagall, Derain et autres…  « La vie imite l’art, bien plus que l’art n’imite la vie » disait Oscar Wilde. Ce serait pas mal que la vie imite l’art par ici se dit-elle… Elle avait dix minutes d’avance.

- Tu penses à quoi ?
- Je ne sais plus trop…
- C’est toujours aussi crade ici.
- Malheureusement.

Ils montèrent côte à côte l’escalier. Lui une marche sur deux. Ils entrèrent. Il paya les billets, elle le remercia. De quoi avaient-ils l’air ? Ils cherchaient la réponse dans le regard des autres sans vraiment savoir l’interpréter. Elle avait l’impression qu’ils détonnaient. Il était trop grand, trop jeune. Il avait l’impression que leur couple n’était pas si surprenant, il faisait plus, elle en faisait moins… Tous deux pensaient couple ! Tous deux pensaient âge. Aucun n’était vraiment à l’aise. Comment aller au-delà des apparences ?

Quelle idée elle avait eu de lui proposer une expo. Aurore ne savait pas si elle devait aller à son rythme ou suivre celui de Tom. Parler ou se taire ? Il ne manquerait plus qu’une fan lui saute dessus songea Aurore…


mercredi 18 novembre 2009

SMS 21

- Un expresso please !
- Tom ! Ca va ?
- Oui. Il y a du monde dis-moi…
- C’est l’heure de la première pause clope 10h30 !
- Ah ouais. Il est bon ton café gringo.
- Gracias senior.
- Ton accent est toujours aussi ébouriffant !
- Je ne sais pas rouler les « r », je ne sais pas rouler les « r ». Même madame Garcia m’a pardonné alors tu pourrais être tolérant à la fin.
- Madame Garcia… Et au fait comment va ta mère ?
- Je ne vois pas trop le rapport là… ma mère va bien. Elle a un nouveau mec, plus jeune qu’elle, cela lui réussit plutôt bien.
- Beaucoup plus jeune ?
- 10 ans.
- Je vois...
- Ouais si cela continue elle va taper dans mes copains !
- Si seulement…
- T’es sérieux ?
- Elle est bo… bien ta mère.
- Ne t’avise même pas d’y penser. Mon meilleur pote en train de coucher avec ma mère pouah. 7 ans de psychanalyse au bas mot… Oublie.
- OK, OK je disais ça comme ça…
- Mouais. Bon et sinon quoi de neuf ?
- Rien, je suis crevé. Je suis en train d’essayer d’écrire de nouvelles chansons mais avec la tournée ce n’est pas évident.
- Ah bon ? Pourtant tu n’étais jamais aussi prolifique que quand nous jouions si je me souviens bien !
- Faut croire que j’ai changé.
- Ou que t’es amoureux.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que, à chaque fois que tu tombais amoureux, ça te coupait tout. En plus tu les choisissais bien hors de portée, histoire que ce soit bien impossible. A croire que tu aimais souffrir…
- Mais c’est faux, notre plus belle balade je l’avais écrit en pensant à Marie.
- C’est vrai mais parce que tu avais compris que cela ne se ferait jamais.
- C’est pas faux…
- Alors tu es amoureux de qui ?
- Je ne suis pas amoureux. Je pense à quelqu’un.
- Où est la différence ?
- Je ne sais pas. Je pense à elle. J’ai envie de la voir mais je ne sais pas trop ce que je ressens.
- Moi j’appelle ça être amoureux. Comment s'appelle-t-elle ?
- Bon euh… faut que je file là. On se prendra un verre un soir si tu veux. Appelle !
- Ok salut Tom !
- Bye !


mardi 17 novembre 2009

SMS 20

Aurore écrivait son journal.


Ce n’est plus juste un fantasme. Ce n’est plus juste un jeu. Je l’ai vu. Je veux le revoir. Ma main dans la sienne c’était quelque chose. Ce quelque chose est de trop sans aucun doute. Je ne veux pas me chercher d’excuse. Je n’ai pas commencé à me sentir seule, abandonnée. Je suis seule comme nous le sommes tous. Seuls avec notre conscience, seuls avec nos désirs, nos peurs, nos folies. Dès que les autres sont là, nous jouons un rôle. L’épouse parfaite, la bonne copine, le collègue de travail fiable, la garce… Je ne dis pas que nous mentons, juste que nous nous ajustons. Chacun son jardin secret certes mais le mien est trop grand, c’est un parc, non c’est une forêt avec un loup qui attend pour me dévorer, je le sais. Je le sais mais j’y vais quand même. Pauvre bécasse, petit chaperon éperdue… IL n’existe que pour moi. C’est mon droit. Je n’en aime pas moins mon mari. Ce n’est pas parce qu’on a un deuxième enfant qu’on aime moins le premier. Ce n’est pas parce que je pense à un autre que j’en oublie mon mari. Cela s’ajoute. Et puis je n’aime pas Tom. Je suis attirée par lui. Je n’ai pas d’avenir avec lui. Je ne veux pas d’avenir avec lui ! Je veux juste rester dans sa périphérie…


lundi 16 novembre 2009

S(weet) M(elhancolic) S(oul) 19

Tom avait toujours été attiré par les femmes plus mûres. Françoise son instit de CE2… Sa prof de latin, sa prof de solfège… La mère de Maxime. Ah la mère de Maxime… Tiens ça faisait baille qu’il n’avait pas vu Maxime. Il l’appela…

- Salut Max !
- Tom, ça va la tournée !
- Très bien ! Le pied en fait ! Je t’ai regretté à l’Olympia…
- Je ne m’en sens plus capable, la scène, la musique tout ça...
- C’est dommage, t’aurais au moins pu venir sur « Fly ». J’aurais adoré ça…
- Je suis dans autre chose.
- C’est bien ce que je me disais…. Pour que tu sois aussi discret ces derniers temps ! Tu joues encore au moins ?
- Un peu, juste pour moi.
- Tu fais quoi maintenant que tu ne bosses plus dans le bar de Marco ?
- J’ai monté une affaire de café extérieur avec un pote.
- Explique.
- Pour l’instant je n’ai que deux lieux. Nanterre Université et la Défense. Le principe est simple. Prendre un café dehors afin de pouvoir fumer en même temps. On a aussi thé et un bon chocolat chaud. Pas d’alcool. La licence et tout ça…
- Et ça marche ?
- Plutôt bien.
- Et en hiver comment feras-tu ?
- Brasero.
- Et la pluie ?
- Un barnum comme du temps de nos minis concerts tu te souviens…
- Bien pensé ton truc ! Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?
- Ca fait deux ans que je bosse dessus et que je galère pour avoir les autorisations. Je ne voulais pas t'en parler avant que ce soit concret.
- Je vois... Tu es où ?
- Ca dépend des jours. Demain je serai à Nanterre.
- Je passerai.
- Génial, tu me dédicaceras un mug ! La première star dans mon café…
- Ce sera un honneur !
- Te fous pas de moi ! A demain Tom !
- Je t’embrasse.
- Moi aussi, bye.


dimanche 15 novembre 2009

SMS 18

Aurore se sentait double. Ici et ailleurs à la fois. Il lui arrivait quelque chose et elle ne pouvait pas en parler à son mari. Pas du tout bien sûr. Cela le ferait souffrir. Double-jeu. Double-je. Elle ne savait pas où tout cela la mènerait. Elle voulait juste LE revoir…

- Le troubadour chante bien. Il est jeune, il est beau.
- Plus beau que le roi ?
- Différent… Il n’a pas de barbe.
- Ah oui les rois ont toujours des barbes…
- La reine aime passer du temps avec lui. Il la fait rêver…
- Elle ne l’aime pas quand même ?
- Non. Pourquoi tu crois qu’elle l’aime ?
- Bah, ça fait longtemps que le roi est parti à la guerre. C’est dur d’être toute seule. Quand Victor est parti longtemps de l’école, j’ai pris Thomas comme amoureux.
- Ah oui ?
- Victor est revenu après.
- Et alors ?
- Alors j’ai deux amoureux maintenant…
- Et si tu devais choisir ?
- Mamannnnnnnn !
- Dis-moi s’il te plaît…
- Non. Raconte encore…
- La suite demain. Sweet dreams.
- Sweet dreams maman.

Deux amoureux ça laissait rêveuse… Tom, Thomas… Le parallèle était amusant.